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G1685

Date d'insertion:

14/06/99

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OTAN
Communiqué de Presse
M-NAC-1(99)51

12 avr. 1999

La situation au Kosovo et alentour

Déclaration diffusée à l'issue de la réunion extraordinaire du Conseil de l'Atlantique Nord en session ministérielle tenue au siège de l'OTAN le 12 avril 1999

  1. La crise du Kosovo constitue une atteinte fondamentale aux valeurs de la démocratie, aux droits de l'homme et à la primauté du droit que l'OTAN incarne depuis sa création. Nous sommes unis dans notre détermination à relever ce défi.
  2. La République fédérale de Yougoslavie (RFY) n'a cessé de violer les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les attaques menées sans retenue, sous la direction du président Milosevic, par des forces militaires, des forces de police et des forces paramilitaires yougoslaves contre des civils kosovars, ont provoqué une catastrophe humanitaire de grande ampleur qui menace également de déstabiliser la région environnante. Des centaines de milliers de personnes ont été expulsées sans pitié du Kosovo par les autorités de la RFY. Nous condamnons ces violations effroyables des droits de l'homme et l'usage aveugle de la force par le gouvernement yougoslave. Ces politiques extrêmes, criminelles et irresponsables, que l'on ne saurait défendre pour quelque motif que ce soit, ont rendu l'action militaire de l'OTAN nécessaire et la justifient.
  3. L'action militaire de l'OTAN contre la RFY est menée à l'appui des objectifs politiques de la communauté internationale : paix, multiethnicité et démocratie pour un Kosovo où le peuple tout entier puisse vivre en sécurité et jouir des libertés et des droits de l'homme universels sur une base d'égalité. Dans ce contexte, nous accueillons avec satisfaction la déclaration faite par le Secrétaire général des Nations Unies, le 9 avril, et les conclusions du Conseil de l'Union européenne qui s'est tenu le 8 avril.
  4. Les frappes aériennes de l'OTAN se poursuivront jusqu'à ce que le président Milosevic réponde aux exigences de la communauté internationale. Il sait ce qu'il a à faire. Il doit :
  5. Le président Milosevic porte la responsabilité de la crise actuelle. Il a le pouvoir de faire cesser l'action militaire de l'OTAN en acceptant les exigences légitimes de la communauté internationale et en s'y conformant de façon irrévocable.
  6. Nous soulignons que l'OTAN ne fait pas la guerre à la République fédérale de Yougoslavie. Nous n'avons aucun différend avec son peuple qui, depuis trop longtemps, se trouve isolé en Europe en raison des politiques du gouvernement yougoslave.
  7. Nous sommes reconnaissants à nos Partenaires dans la région et, plus généralement, à la communauté internationale du soutien matériel solide qu'ils nous ont apporté pour répondre à la crise.
  8. L'Alliance a en commun avec la Russie le souci de parvenir à une solution politique de la crise du Kosovo et entend oeuvrer de manière constructive avec la Russie à cette fin, dans l'esprit de l'Acte fondateur.
  9. A la suite de la politique persistante de nettoyage ethnique menée par le président Milosevic, des centaines de milliers de Kosovars cherchent refuge dans les pays voisins, en particulier en Albanie et dans l'ex-République yougoslave de Macédoine . D'autres restent au Kosovo, privés de tout et hors de portée des secours internationaux. Ils cherchent à y survivre en luttant contre l'épuisement, la faim et le désespoir. Nous tiendrons le président Milosevic et les autorités de Belgrade responsables du bien-être de tous les civils qui se trouvent au Kosovo.
  10. L'OTAN et ses pays membres ont fait face avec promptitude à cette situation d'urgence. Nous avons mis en activité, avec les Partenaires, le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe. Les forces de l'OTAN présentes dans l'ex-République yougoslave de Macédoine ont construit des camps d'hébergement pour les réfugiés et leur ont apporté les premiers secours. Des troupes de l'OTAN sont également déployées en Albanie pour appuyer les efforts humanitaires de ce pays et pour aider les autorités albanaises à assurer aux réfugiés un environnement sûr. Nous poursuivrons et intensifierons, en coopération avec le HCR, principal organisme dans ce domaine, nos opérations d'aide aux réfugiés et de secours humanitaires. Les opérations de transport aérien de l'aide et des secours menées par l'OTAN, à destination de l'Albanie et de l'ex-République yougoslave de Macédoine, sont en cours et s'amplifieront. Les mesures prises par l'OTAN et les efforts d'autres organisations et institutions internationales, notamment l'Union européenne, se complètent et se renforcent mutuellement.
  11. Nous rendons hommage aux hommes et femmes des forces de l'OTAN dont l'engagement et la compétence assurent le succès des opérations militaires et humanitaires de l'OTAN.
  12. Les atrocités perpétrées contre le peuple du Kosovo par les forces militaires, paramilitaires et de police de la RFY violent le droit international. Les responsables de la campagne systématique de violence et de destruction dirigée contre des civils kosovars innocents, ainsi que de la déportation forcée de centaines de milliers de personnes, devront rendre compte de leurs actes. Les personnes accusées devront être traduites devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, à La Haye, conformément au droit international et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les Alliés réaffirment qu'il ne peut y avoir de paix durable sans justice.
  13. L'OTAN a déclaré à maintes reprises qu'il serait inacceptable que la RFY menace l'intégrité territoriale, l'indépendance politique et la sécurité de l'Albanie et de l'ex-République yougoslave de Macédoine. Nous avons engagé des consultations étroites et de haut niveau avec ces deux pays sur les sujets qui les préoccupent particulièrement. Nous réagirons en cas d'atteinte portée par la RFY à la sécurité de ces pays en raison de la présence de forces de l'OTAN et de leurs activités sur le territoire de ceux-ci.
  14. Nous sommes inquiets de la situation dans la République du Monténégro. Nous réaffirmons notre appui au gouvernement démocratiquement élu du président Milo Djukanovic qui a accueilli des dizaines de milliers de personnes déplacées du Kosovo. Le président Milosevic ne doit pas ignorer que toute action dirigée contre le président Djukanovic et son gouvernement aura de graves conséquences.
  15. La crise du Kosovo souligne la nécessité d'une approche globale de la stabilisation de la région en crise dans l'Europe du sud-est et de l'intégration des pays de cette région dans la communauté euro-atlantique. Nous saluons l'initiative de l'UE visant à élaborer un pacte de stabilité pour l'Europe du sud-est, sous l'égide de l'OSCE, ainsi que d'autres efforts déployés au plan régional, y compris l'initiative de coopération pour l'Europe du sud-est. Nous renforçons le dialogue de sécurité entre l'OTAN et les pays de la région dans le but de construire avec eux un partenariat dynamique, et nous avons chargé le Conseil en session permanente d'élaborer des mesures en ce sens. Nous attendons avec espoir le moment où le peuple de Serbie pourra rétablir des relations normales avec tous les peuples des Balkans. Nous tenons à ce que tous les pays de l'Europe du sud-est connaissent la paix et la sécurité.

 



G
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